Un mélèze de 2340 ans dans le ch. Clôt

Participants : Juliette, Christopher et Philippe

En parallèle de l’équipe d’EDYTEM, qui a démarré une étude de grande ampleur sur la fonte des glacières souterraines de l’arc alpin, Mélaine LE ROY, jeune étudiant du même laboratoire, s’intéresse à l’étude des arbres « fossiles » que l’on peut trouver dans les laves torrentielles ou les gouffres glacés.

Le 9 mai, j’étais dans la cavité afin de prélever une tranche d’un gros tronc de mélèze que la fonte de la glace avait libéré. Une analyse dendrologique de cet échantillon a été réalisée par Mélaine LE ROY et Kurt NICOLUSSI, chercheur autrichien. Le résultat va au-delà de ce que nous pouvions imaginer. Ce mélèze aurait 2400 ans ! Cet âge reste à confirmer par une datation C14, car une certaine incertitude subsiste.

Aujourd’hui, nous étions de retour dans ce mythique gouffre du Clôt pour compléter notre collection de photographies sur le site du prélèvement. Nous avons commencé par prendre la douche sous une pluie glaciale d’automne. Heureusement, la partie basse de la cabane nous a abrités pour nous changer. A cette époque de l’année, le niveau de fonte, aussi bien de la glace que de la neige de l’hiver dernier, est à son paroxysme. Les blocs rocheux dégagés par cette ablation sont omniprésents et dévalent la pente de glace à grande vitesse, jusqu’au fond. Impossible de descendre directement au fond. Nous devons décaler la corde régulièrement pour que le premier ne se retrouve pas sous une pluie de cailloux. Mon casque et mes cervicales se souviennent de celui qui ne m’a pas raté !

A quinze mètres du fond, nous pendulons pour atteindre la galerie où se trouve le fameux tronc. La séance photo réalisée, il nous reste la remontée qui sera une affaire vite réglée. Mais le matériel en sera quitte pour un gros nettoyage. Encore une conséquence de la fonte, sur le sommet de la glace s’accumule une épaisseur impressionnante de terre et de guano de chocards. Nous sortons de cette cavité glacée, où tout était blanc il y a deux décennies, aussi noirs que si nous nous étions roulés dans le charbon…