{"id":721,"date":"2012-12-16T22:29:33","date_gmt":"2012-12-16T21:29:33","guid":{"rendered":"http:\/\/wordpress.localhost\/2012\/12\/16\/1999-reseau-chourum-de-la-rama-chourum-des-aiguilles\/"},"modified":"2021-12-27T21:06:00","modified_gmt":"2021-12-27T20:06:00","slug":"1999-reseau-chourum-de-la-rama-chourum-des-aiguilles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/?p=721","title":{"rendered":"1999 R\u00e9seau chourum de la Rama \/ chourum des Aiguilles"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"post_excerpt\">Cet article a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 dans la revue \u00ab\u00a0Sp\u00e9l\u00e9o\u00a0\u00bb num\u00e9ro 33 de d\u00e9cembre 1999<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Historique<\/h2>\n\n\n\n<p>Sur les indications d&rsquo;un berger, J. Tourres, du S.C. de Gap, rep\u00e8re l&rsquo;entr\u00e9e du chourum des Aiguilles en 1963. Les explorations d\u00e9butent en 1964 et atteindront alors la cote -99 m devant l&rsquo;entr\u00e9e infranchissable du m\u00e9andre aux Boutons d&rsquo;o\u00f9 sort un fort courant d&rsquo;air. L&rsquo;\u00e9t\u00e9 suivant, les membres du S.C. Gap \u00e9largiront le m\u00e9andre et poursuivront les explorations, aid\u00e9s par des sp\u00e9l\u00e9os appartenant \u00e0 plusieurs clubs (GSPIF, S.C. Salernois, GSGCU, GS Valentinois). En 1966, la cote &#8211; 430 m est atteinte et le sommet du Minotier \u00e0 -510 m en 1967. Les explorations de l&rsquo;ann\u00e9e 1968, fort perturb\u00e9es par une m\u00e9t\u00e9o ex\u00e9crable qui a maintenu le gouffre en crue, n&rsquo;avaient pu non plus aboutir. Les sp\u00e9l\u00e9ologues s&rsquo;\u00e9taient alors arr\u00eat\u00e9s au sommet d&rsquo;un puits \u00e9valu\u00e9 \u00e0 40 m (puits Moustique 35 m), \u00e0 la cote &#8211; 620 m.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"344\" height=\"469\" src=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/bmp_carte_2.bmp\" alt=\"\" class=\"wp-image-8691\" srcset=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/bmp_carte_2.bmp 344w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/bmp_carte_2-220x300.jpg 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 344px) 100vw, 344px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>J. TOURRES raconte : \u00ab\u00a0L&rsquo;ann\u00e9e 1969 fut abord\u00e9e avec la ferme intention d&rsquo;atteindre le fond du gouffre et d&rsquo;en dresser une topographie correcte. D\u00e8s le 8 Juin, plusieurs \u00e9quipes venaient durant les week-ends pour \u00e9quiper le gouffre et en faire la topographie jusqu&rsquo;au puits du Minotier dont la cote fut ramen\u00e9e \u00e0 &#8211; 538 m.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 3 Ao\u00fbt, un camp \u00e9tait install\u00e9 dans le vallon des Aiguilles et nous avions deux semaines pour terminer l&rsquo;exploration du chourum. Participaient \u00e0 ce camp, le SCA Gap, club organisateur, les Catamarans de Sochaux, l&rsquo;ab\u00eeme Club Toulonnais et le SC Salerne. Le 5 Ao\u00fbt, une \u00e9quipe des Catamarans descendait dans le gouffre. Apr\u00e8s avoir franchi le puits de 40 m, terminus des pr\u00e9c\u00e9dentes explorations, elle parcourait une galerie de 70 m au fond de laquelle s&rsquo;ouvre un puits de 11 m. H\u00e9las, ce puits devait marquer le terminus du gouffre. Au fond, l&rsquo;eau dispara\u00eet au del\u00e0 d&rsquo;un siphon \u00e9troit et infranchissable.<\/p>\n\n\n\n<p>Les 6 et 7 Ao\u00fbt, nouvelle descente, mais cette fois-ci de deux \u00e9quipes du S.C. Gap et de l&rsquo;ACT dans le but d&rsquo;\u00e9tudier le siphon et d&rsquo;\u00e9valuer les chances de le franchir en scaphandre. Ces \u00e9quipes devaient aussi explorer syst\u00e9matiquement tous les diverticules, d\u00e9parts de galeries ou de m\u00e9andres qui auraient pu permettre de contourner le siphon. Ces tentatives se r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent n\u00e9gatives, n\u00e9anmoins, la topographie du gouffre \u00e9tait faite jusqu&rsquo;au fond (-682 m).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image aligncenter size-full wp-image-715\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"1014\" src=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_8m.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8721\" srcset=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_8m.jpg 750w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_8m-222x300.jpg 222w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption>Puits du Minotier (photo : J.Y. Bigot)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le 8 Ao\u00fbt une \u00e9quipe de Salernes descendait \u00e0 son tour pour d\u00e9s\u00e9quiper le gouffre jusqu&rsquo;au camp de base \u00e0 -500 m. Les 10 et 12 Ao\u00fbt, les \u00e9quipes se succ\u00e9daient pour d\u00e9s\u00e9quiper le gouffre.\u00a0\u00bb L&rsquo;A.C. de Toulon revient en 1972, avec l&rsquo;aide du S.C. Savoie pour explorer un amont rep\u00e9r\u00e9 \u00e0 la cote &#8211; 205 m. La remont\u00e9e de cette nouvelle galerie permet de d\u00e9couvrir rapidement la salle II (57 x 23 m), un record pour le D\u00e9voluy. De l\u00e0, Les chamb\u00e9riens d\u00e9couvrent la galerie de Savoie avec un premier terminus &#8211; la galerie aux fossiles &#8211; \u00e0 l&rsquo;altitude 2093 m. A mi-galerie, une escalade de 18 m les conduit dans une longue galerie remontante pour arriver au point le plus haut de la cavit\u00e9 (alt. 2293 m). Le d\u00e9nivel\u00e9 total passe \u00e0 &#8211; 980 m\u00e8tres. Le chourum des Aiguilles devient alors la troisi\u00e8me cavit\u00e9 la plus profonde de monde. Depuis la salle II, les varois franchissent une escalade de 20 m et atteignent le d\u00e9part de ce qui deviendra la galerie du Var. Un d\u00e9nivel\u00e9 de 500 m est remont\u00e9 avec l&rsquo;escalade de plusieurs puits dont le magnifique Dala\u00ef-Rama P44. Au pied de celui-ci, de l&rsquo;herbe s\u00e8che trahit la pr\u00e9sence proche de la surface. L&rsquo;escalade du puits, r\u00e9alis\u00e9e par Bernard LYONNE conduit \u00e0 un tas de terre noire avec des racines. Bernard, Marc PAPET, Bruno GEORGES et ??? entament une d\u00e9sobstruction. Bruno plante \u00e0 travers l&rsquo;obstruction un piquet de tente. Deux jours plus tard, Marc et Bruno y retourne pour achever l&rsquo;ouverture. Et pour la premi\u00e8re fois, l&rsquo;\u00e9quipe sort \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. La nouvelle entr\u00e9e devient le chourum de la Rama. La premi\u00e8re travers\u00e9e est r\u00e9alis\u00e9e du bas vers le haut.<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00eames \u00e9quipes d\u00e9couvrent en 1973 des galeries sup\u00e9rieures au puits du Minotier dont la Voie Express qui rejoint le sommet du puits Moustique. C&rsquo;est au pied de ce puits qu&rsquo;un nouveau siphon est d\u00e9couvert. Plong\u00e9 en 1974 par P. Paris, il conduit rapidement \u00e0 un laminoir.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1974, V. Luparini prouve par tra\u00e7age la relation entre le r\u00e9seau et la source des Gillardes, principale r\u00e9surgence du karst local.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1978, avec l&rsquo;aide des Voconces de Serres (05), F. Poggia plonge le siphon des Catamarans (siphon terminal). Il s&rsquo;agit en fait d&rsquo;une vo\u00fbte mouillante en laminoir. Il s&rsquo;arr\u00eatera sur \u00e9troiture \u00e0 une dizaine de m\u00e8tres. Organis\u00e9 au m\u00eame moment, un stage E.F.S. d\u00e9couvre une autres galerie amont arrivant dans la salle II : La galerie aux \u00c9pouses. A notre connaissance, il n&rsquo;y a pas eu de d\u00e9couvertes cons\u00e9quentes depuis.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image aligncenter size-full wp-image-716\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"595\" height=\"391\" src=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_hiver.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8727\" srcset=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_hiver.jpg 595w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_hiver-300x197.jpg 300w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_hiver-150x100.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" \/><figcaption>Ouverture de l&rsquo;entr\u00e9e en hiver<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Retour aux sources<\/h2>\n\n\n\n<p>En novembre 1998, les membres du Sp\u00e9l\u00e9o club alpin de Gap d\u00e9cident de revoir le fond de la cavit\u00e9 pour am\u00e9liorer un \u00e9quipement vieillissant et renouer avec la cavit\u00e9 qui a marqu\u00e9 l&rsquo;histoire du club. De nombreux points d&rsquo;interrogation nous apparaissent alors sur la topo et dans les comptes rendus d\u2019explorations. Nous d\u00e9cidons de fermer l&rsquo;entr\u00e9e avec des planches et une trappe pour pouvoir y acc\u00e9der tout l&rsquo;hiver. Le 29 novembre 1998, avec Didier Garreau, St\u00e9phane Rogeau et Christian Kupiec, nous rentrons sous terre apr\u00e8s deux heures de portage en raquettes et une demi-heure de pelle pour ouvrir la trappe. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;objectif est de revoir le siphon terminal. Deux kits pour les bouteilles de plong\u00e9e de six litres en aluminium, un kit plongeur et un kit nourriture, nous sommes relativement l\u00e9gers puisque la cavit\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 \u00e9quip\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 &#8211; 600 m. Il ne reste que le puits Moustique et celui de la D\u00e9ception \u00e0 \u00e9quiper et les cordes sont \u00e0 &#8211; 500 m. Nous connaissons suffisamment bien la cavit\u00e9 pour arriver au fond en trois heures. Je commence \u00e0 m\u2019\u00e9quiper au sommet du puits de la D\u00e9ception, le fond \u00e9tant copieusement arros\u00e9. J\u2019entends alors Christian arriver en pestant. Son appareil photo jetable vient de tomber \u00e0 l\u2019eau. Malgr\u00e9 la pochette nylon, il a pris l\u2019humidit\u00e9. C\u2019est le seul appareil pour fixer cette plong\u00e9e, alors la pression monte. Il essaie une photo. \u00c9chec, le m\u00e9canisme a pris aussi, il n\u2019y a plus d\u2019enroulement. Avec le calme reconnu du capitaine Haddock qui ne trouve pas sa bouteille de whisky, Christian balance l\u2019appareil au fond du puits, accompagn\u00e9 par quelques jurons du meilleur cru. Didier ne retrouvera qu\u2019un tas de pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9 mais sauvera la pellicule et les deux clich\u00e9s qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 dessus. Dans mon coin, je laisse passer l\u2019orage et finis de m\u2019\u00e9quiper. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e pr\u00e9cise de la gal\u00e8re dans laquelle je m&rsquo;engage car un an auparavant j&rsquo;avais mis la t\u00eate dans ce laminoir en vo\u00fbte mouillante. Aussi, j&rsquo;ai pr\u00e9vu un montage des bouteilles dit \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;anglaise\u00a0\u00bb c&rsquo;est \u00e0 dire de chaque c\u00f4t\u00e9 des hanches et des cuisses. Test\u00e9 en piscine, tout allez bien. Sur le terrain, rien ne va plus. Pour atteindre l&rsquo;eau, je dois ramper en tenue de plong\u00e9e dans un bruit assourdissant de bouteilles qui rencontrent les rognons de silex. En fait de vo\u00fbte mouillante, c&rsquo;est plut\u00f4t le parcours du combattant o\u00f9 les bouteilles cognent encore et se coincent partout entre les blocs affleurants. Changement de tactique, j&rsquo;enl\u00e8ve les bouteilles apr\u00e8s quelques minutes de combat inutile dans ce laminoir et sans oublier de perdre un peu d&rsquo;air avec les d\u00e9tendeurs qui fusent et de laisser des morceaux de n\u00e9opr\u00e8ne sur les arr\u00eates. Heureusement, \u00e0 ce niveau, je ne suis pas oblig\u00e9 d&rsquo;utiliser l&rsquo;air des blocs car le temps avance et je n&rsquo;ai pas encore parcouru les dix m\u00e8tres de Fr\u00e9do. D\u2019ailleurs, je suis son fil d&rsquo;Ariane (1978?) toujours en place. Les crues ne doivent pas \u00eatre terribles dans ce secteur de la cavit\u00e9 car le fil a l&rsquo;air neuf. Par pr\u00e9caution, j&rsquo;en d\u00e9roule un autre, ce qui me vaut quelques n\u0153uds car la place est ch\u00e8re dans ce trou de ch&#8230; \u00c7a y est, j&rsquo;atteins le terminus.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image aligncenter size-full wp-image-717\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"694\" height=\"844\" src=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_3m.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8715\" srcset=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_3m.jpg 694w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_3m-247x300.jpg 247w\" sizes=\"auto, (max-width: 694px) 100vw, 694px\" \/><figcaption>D\u00e9part du siphon terminal (photo : C. Kupiec)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Tout droit, un boyau exond\u00e9 continu. Je laisse les bouteilles pour le visiter. Quatre m\u00e8tres et c&rsquo;est la queute. Retour sur la fin du fil o\u00f9 une \u00e9troiture s\u00e9v\u00e8re et \u00ab\u00a0s\u00e8che\u00a0\u00bb part \u00e0 gauche pour donner sur un plan d&rsquo;eau dont le niveau est plus bas que la vo\u00fbte mouillante. Je tente le passage sans les bouteilles. Le casque racle un peu mais passe. Par contre, le masque s\u2019y refuse. Je le descends au niveau du cou et en for\u00e7ant juste assez pour laisser encore un peu de n\u00e9opr\u00e8ne, je plonge t\u00eate premi\u00e8re dans la vasque sans masque ni bouteille. Avec plaisir et en apn\u00e9e, je d\u00e9couvre que je peux faire demi-tour sans trop d\u2019efforts et attraper les blocs de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9troiture. Bouteilles en avant, j\u2019explore la vasque de 40 cm de profondeur et de 2 m\u00b2 de surface maximum. C\u2019est pas la fontaine de Vaucluse ! A l\u2019oppos\u00e9 de l\u2019\u00e9troiture, cette flaque a l\u2019air plus profonde mais mes bouteilles tamponneuses ne trouvent pas de passage. A ce moment, c\u2019est mon phare qui trouve la suite. Une envie de libert\u00e9 le prend, il se d\u00e9tache, tombe au fond de la vasque et par le fil \u00e9lectrique me tire sur le casque. Juste sous les bouteilles, le plancher, une strate de silex, est creux. J\u2019y enfile les blocs mais ils sont vite arr\u00eat\u00e9s par un autre plancher. Je pousse en avant, en arri\u00e8re, rien. A gauche, oui, c\u2019est bon, \u00e7a passe. Je suis les bouteilles en continuant de d\u00e9rouler le fil tant bien que mal. Ce passage, \u00e0 sec, aurait fait une sacr\u00e9e boite aux lettres. Je me demande si je vais retrouver le chemin de retour. A peine cinq m\u00e8tres de premi\u00e8re et deux inf\u00e2mes \u00e9troitures. \u00c7a promet. J\u2019avance en t\u00e2tonnant avec les bouteilles qui me cachent la suite. Elle semble plus large. Tant mieux, j\u2019ai ma dose d\u2019\u00e9troitures. Ce n&rsquo;est pas la joie en terrestre mais en plong\u00e9e bonjour l\u2019angoisse. Un coup d\u2019oeil aux instruments. J\u2019ai atteint la profondeur record de 1 m\u00e8tre et je suis toujours dans le m\u00eame axe. J\u2019avance doucement sur les genoux et les coudes, au plafond. J\u2019ai laiss\u00e9 les palmes \u00e0 la maison car vu les dimensions, ce n\u2019\u00e9tait pas raisonnable de les tra\u00eener ici. Trois m\u00e8tres plus loin, c\u2019est presque spacieux, assez pour pouvoir faire demi-tour. Je trouve m\u00eame de quoi fixer le fil. J\u2019ai pas fini le n\u0153ud qu\u2019un des d\u00e9tendeurs se bloque ouvert. Je dois fermer la bouteille avant qu\u2019elle ne se vide. Il faut me rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, je ne peux pas continuer avec une seule source d\u2019air. En plus, cela m\u2019arrange car j\u2019ai fait le plein de sensations fortes. Et puis il faut encore remonter. Dans l\u2019eau, j\u2019ai vite oubli\u00e9 que nous sommes \u00e0 &#8211; 680 m, \u00e0 quatre avec tout le matos et en plus en hivernale. Avant de rebrousser chemin, je fais un tour d\u2019horizon pour avoir un aper\u00e7u de la suite. Elle ne semble pas engageante. La galerie repart en laminoir \u00e9troit avec des blocs coinc\u00e9s. Je coince la bobine sous une pierre et direction la sortie. Je me repasse le film de l\u2019aller \u00e0 l\u2019envers mais le paysage a chang\u00e9. Je vois partir le fil sur les cinquante centim\u00e8tres de visibilit\u00e9 qui reste dans des passages ahurissants. Ce n\u2019est pas possible que je sois pass\u00e9 par ces horreurs d\u2019\u00e9troiture. Finalement, \u00e0 grands coups de bouteilles dans les parois, je rejoins la boite aux lettres que je franchis \u00e0 la troisi\u00e8me tentative et uniquement de m\u00e9moire car la visibilit\u00e9 est maintenant nulle et le fil est coinc\u00e9 en interstrate. Je retrouve avec beaucoup de plaisir la surface. L\u2019\u00e9troiture s\u00e8che et la vo\u00fbte mouillante me paraissent presque un jeu d\u2019enfant. J\u2019accroche les bouteilles \u00e0 la corde du puits pour les faire remonter pendant que je remets les bloqueurs. La corde revient, c\u2019est \u00e0 mon tour. Au sommet du puits, une soupe chaude m\u2019attend. Merci les copains. La remont\u00e9e sera comme d\u2019habitude une succession d\u2019escalades et de puits franchis en moins de cinq heures. Nous nous changeons au pied du premier ressaut car dehors c\u2019est l\u2019hiver et la nuit. Nous avons pass\u00e9 dix heures sous terre et il nous reste deux heures de raquettes pour rejoindre les voitures. Il ne fait vraiment pas chaud car l\u2019eau g\u00e8le dans les Arianes (g\u00e9n\u00e9rateur d&rsquo;ac\u00e9tyl\u00e8ne). Le reste de la nuit sera beaucoup plus calme mais court car le boulot nous attend.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Perspectives et explorations<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;exploration du chourum des Aiguilles peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme termin\u00e9e m\u00eame si tout n&rsquo;est pas expliqu\u00e9. La jonction avec l&rsquo;un des grands r\u00e9seaux alimentant directement l&rsquo;\u00e9norme exsurgence des Gillardes situ\u00e9e 468 m plus bas et \u00e0 11 km \u00e0 vol d&rsquo;oiseau du fond du gouffre retombe dans le domaine du r\u00eave. Le gouffre se d\u00e9veloppe vers et sous le synclinal du vallon des Aiguilles. M\u00eame si V. Luparini a d\u00e9montr\u00e9 la relation par coloration en mai 1974, la pente moyenne faible de 4 % pour rejoindre la source ne laisse gu\u00e8re d&rsquo;espoir. De plus, un siphon terminal \u00e9troit et difficilement accessible, des strates quasi-horizontales laissent pr\u00e9sager un r\u00e9seau noy\u00e9 ou tout au moins souvent coup\u00e9 de siphons.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image aligncenter size-full wp-image-718\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"704\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_13m-704x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8703\" srcset=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_13m-704x1024.jpg 704w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_13m-206x300.jpg 206w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_13m.jpg 750w\" sizes=\"auto, (max-width: 704px) 100vw, 704px\" \/><figcaption>Les galeries sup\u00e9rieures&#8230; (photo : Philippe)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Description<\/h2>\n\n\n\n<p>Le chourum des Aiguilles, l&rsquo;entr\u00e9e historique, est aussi l&rsquo;entr\u00e9e la plus fr\u00e9quent\u00e9e. L&rsquo;acc\u00e8s est facile puisqu&rsquo;il suit le GR69 sur la premi\u00e8re partie et traverse les p\u00e2turages ensuite jusqu&rsquo;au col du Serre du Vallon. La doline d&rsquo;entr\u00e9e, marqu\u00e9e de son grand cairn, est relativement simple \u00e0 trouver. Elle se situe \u00e0 250 m du col au nord-ouest. Il faut compter 1 heure 30 de marche depuis le col du Festre. Sous terre, la progression et l&rsquo;itin\u00e9raire sont simples ce qui en fait un &#8211; 700 facile.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De l&rsquo;entr\u00e9e des Aiguilles \u00e0 la jonction (-205 m) :<\/strong> jusqu&rsquo;\u00e0 &#8211; 100 m, la galerie, encombr\u00e9e de blocs au d\u00e9but suit une pente forte coup\u00e9e par des ressauts et des puits n&rsquo;exc\u00e9dant pas une dizaine de m\u00e8tres : puits du Cin\u00e9aste 12 m, puits du Chamois 7 m, puits de la Chauve-souris 10 m. L\u00e0, d\u00e9bute le m\u00e9andre aux Boutons qui n&rsquo;est plus aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;une l\u00e9gende. En effet, l&rsquo;\u00e9vacuation en 1987 de Daniel, fauch\u00e9 par une avalanche de pierres dans la tr\u00e9mie de la jonction (-205 m), avait n\u00e9cessit\u00e9 l&rsquo;\u00e9largissement de ce seul passage \u00e9troit de la cavit\u00e9. Cependant, si le chourum n&rsquo;est pas tr\u00e8s \u00e9troit, il n&rsquo;est pas non plus ce qu&rsquo;on peut appeler un boulevard. Il prend le plus souvent la forme d&rsquo;un long m\u00e9andre, large de 80 cm \u00e0 1,50 m. Apr\u00e8s ce m\u00e9andre de 50 m, les puits du Pilier 10 m, de l&rsquo;Auvergnat 14 m et du Ch\u00e2teau de Cartes 15 m s&rsquo;encha\u00eenent presque. Le Ch\u00e2teau de Cartes doit son nom au c\u00f4t\u00e9 chaotique de la zone. Le calcaire S\u00e9nonien du D\u00e9voluy est constitu\u00e9 d&rsquo;une alternance de fines strates de calcaire, tant\u00f4t tendre, tant\u00f4t dur selon la quantit\u00e9 de silex inclus mais toujours cassant. D\u00e8s que les galeries atteignent un certain volume, les effondrements sont importants. Des tr\u00e9mies instables occupent alors l&rsquo;espace ce qui donne de nombreux passages d\u00e9licats et dangereux. A partir du Ch\u00e2teau de Cartes et jusqu&rsquo;\u00e0 la jonction, les dimensions sont plus grandes (6&#215;10 m). A &#8211; 205 m, le laminoir des courants d&rsquo;air nous ouvre l&rsquo;acc\u00e8s vers le fond. Alors que tout autour, l&rsquo;actif a \u00e9vacu\u00e9 une grande quantit\u00e9 de remplissages, ce laminoir est constitu\u00e9 sur 15 m de long d&rsquo;un plancher de blocs immobilis\u00e9s par la calcite. Il en va de m\u00eame pour toute la zone de la salle \u00e0 manger, l&rsquo;acc\u00e8s au r\u00e9seau de la Rama. Le danger r\u00e9side dans le fait que l&rsquo;actif a vid\u00e9 le dessous de cette zone qui se retrouve suspendu gr\u00e2ce \u00e0 la calcite.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la salle I se fait maintenant par le sommet des galeries de la salle \u00e0 manger. Pour \u00e9viter cette zone tr\u00e8s instable et \u00e0 l&rsquo;origine de plusieurs accidents, nous avons install\u00e9 une main courante en corde sur broches inox de 70 m de long. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une aide \u00e0 la progression et non d&rsquo;une assurance. Il est donc indispensable de doubler l&rsquo;\u00e9quipement. Pr\u00e9voir 80 m de corde et une vingtaine de mousquetons.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De la jonction (-205 m) au fond (-682 m) :<\/strong> en poursuivant la descente, l&rsquo;actif appara\u00eet \u00e0 la cote -230, juste apr\u00e8s le puits du Lac 10 m. Par la suite, tant\u00f4t elle dispara\u00eet, tant\u00f4t elle r\u00e9appara\u00eet suivant la configuration des galeries\/m\u00e9andres. Mais nulle part, elle n&rsquo;est un obstacle posant probl\u00e8me. Les m\u00e9andres sup\u00e9rieurs permettent souvent d&rsquo;\u00e9loigner l&rsquo;\u00e9quipement des cascades comme pour le puits de la Trempette o\u00f9 il faut aller chercher dix m\u00e8tres plus loin le plein pot hors crue. Seuls les puits Gaulois 12 &amp; 18 m ne sont pas faciles \u00e0 \u00e9quiper hors crue. Les d\u00e9viations, d\u00e9licates \u00e0 franchir et fragiles, sont souvent un rem\u00e8de pire que le mal. Les crues du chourum des Aiguilles, comme dans de nombreux gouffres alpins, sont rapides et brutales, mais non dangereuses. Dans ces cas l\u00e0, la prudence veut que l&rsquo;on attende la d\u00e9crue et surtout sans tenter la remont\u00e9e des puits du fond \u00e0 &#8211; 300 m. Ensuite, les puits Jacques 33 m et Martine 8 m nous am\u00e8nent \u00e0 &#8211; 454 m. On se trouve alors dans une galerie en faille o\u00f9 les multiples ressauts conduisent au camp &#8211; 500 m ou camp de la Cuisse de Mouche. Ce camp a servi de bivouac pendant les premi\u00e8res explorations, et malgr\u00e9 les 400 litres de poubelles remont\u00e9es par nos \u00e9quipes, il reste un bon m\u00e8tre cube \u00e0 sortir. Le camp est sec mais exigu, \u00e0 plus de trois on se marche vraiment dessus. Juste apr\u00e8s le camp, une r\u00e9surgence semble ramener dans les galeries l&rsquo;actif de la Rama. Cette partie de la cavit\u00e9, jusqu&rsquo;au puits du Minotier, est certainement la plus belle. Un d\u00e9bit de plusieurs litres\/seconde joue dans les ressauts taill\u00e9s dans le calcaire et o\u00f9 les bancs et rognons de silex forment des bras qui traversent le m\u00e9andre. Le puits du Minotier de 24 m appara\u00eet comme une grande marche. L&rsquo;actif se jette dans ce grand trou noir et arrose copieusement les parois. Pour \u00e9viter l&rsquo;eau, pr\u00e9f\u00e9rez un \u00e9quipement rive gauche pour rejoindre un \u00e9peron \u00e0 &#8211; 7 m qui vous prot\u00e9gera de l&rsquo;eau. Au fond du puits, un petit lac trahit \u00e0 son aval la perte de l&rsquo;actif dans un laminoir imp\u00e9n\u00e9trable. Une escalade de dix m\u00e8tres permet de rejoindre la Voie Express qui m\u00e8ne au sommet du puits Moustique mais aussi aux galeries sup\u00e9rieures. Pour le fond, pr\u00e9f\u00e9rez la voie normale fossile par le puits Jo (22 m) et le m\u00e9andre Serrano (facile) qui donne sur le puits Moustique. Les escalades des galeries sup\u00e9rieures sont \u00e9quip\u00e9es depuis les ann\u00e9es 1972-75. Attention, la garantie du fabriquant ne peut plus \u00eatre invoqu\u00e9e&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Le puits Moustique (35 m) est toujours un peu arros\u00e9. Pour limiter la douche, il faut aller chercher l&rsquo;\u00e9quipement de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du puits. Il s&rsquo;ouvre sur une faille importante et joue le r\u00f4le de collecteur. En plafond du puits arrivent les actifs des galeries sup\u00e9rieures. Le m\u00e9andre Serrano, fossile aujourd&rsquo;hui, d\u00e9bouche \u00e0 mi-puits et un troisi\u00e8me amont colmat\u00e9 se connecte \u00e0 son pied. Toutes ces galeries se rejoignent par le puits Moustique pour continuer dans la galerie terminale jusqu&rsquo;au puits arros\u00e9 de la D\u00e9ception et le siphon terminal.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Du chourum de la Rama \u00e0 la jonction :<\/strong> cette entr\u00e9e, 276 m au-dessus des Aiguilles, est peu connue. L&rsquo;acc\u00e8s plus long et l&rsquo;entr\u00e9e difficile \u00e0 localiser ont conduit ce chourum a une tr\u00e8s faible fr\u00e9quentation. Aussi, l&rsquo;\u00e9quipement est \u00e0 peu pr\u00e8s celui des explorateurs. Autant dire qu&rsquo;il est quasi inexistant. Pourtant, cette partie du r\u00e9seau n&rsquo;est pas d\u00e9nu\u00e9e d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. On y trouve les plus jolies verticales, \u00e0 commencer par le puits du Dala\u00ef-Rama (44 m) dont le fond est \u00e0 l&rsquo;aplomb de la galerie de Savoie. Arriv\u00e9 \u00e0 sa base, on doute des possibilit\u00e9s de continuation. En fait, il faut faire une grande escalade, une corde pourrie est en place, pour acc\u00e9der au sommet du puits de la L\u00e9vitation. A partir de l\u00e0, la galerie prend la forme d&rsquo;un haut m\u00e9andre o\u00f9 les bancs de silex forment des excroissances. Le cheminement n&rsquo;est pas toujours \u00e9vident, surtout autour du passage de la Serrure, mais ce n&rsquo;est pas pour autant un labyrinthe. Il faut toujours beaucoup descendre. Le faible \u00e9quipement surprend mais les d\u00e9sescalades sont faciles pour peu que l&rsquo;on prenne garde \u00e0 la relative fragilit\u00e9 des bancs de silex qui nous servent de marches. La descente est rapide et l&rsquo;arriv\u00e9e dans la salle II est grandiose. Plus loin, pour acc\u00e9der \u00e0 la salle I, il faut quitter la rivi\u00e8re par une escalade de 5 m sur rive gauche juste apr\u00e8s le dernier ressaut. La jonction par la diaclase\/tr\u00e9mie se fait \u00e0 l&rsquo;autre extr\u00e9mit\u00e9 de la salle. L\u00e0, il faut suivre la main courante en place. Ne pas tenter de poser les pieds dans la tr\u00e9mie au risque de la voir se comporter comme un sablier et vider une partie des dizaine de millier de m\u00e8tres cube de blocs de la salle I qui se trouve juste au-dessus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les galeries remontantes :<\/strong> elles ne pr\u00e9sentent pas un grand int\u00e9r\u00eat si ce n&rsquo;est du point de vue sp\u00e9l\u00e9om\u00e9trique. Toutes, elles se terminent sur tr\u00e9mie et il n&rsquo;est pas conseill\u00e9 d&rsquo;y mettre la t\u00eate. Cependant, la galerie de Savoie est \u00e9tonnante \u00e0 plusieurs titres. D&rsquo;abord, \u00e0 partir de la salle II, elle permet de remonter sur 360 m avec seulement deux verticales de 18 m. Ensuite, elle se pr\u00e9sente, dans son amont, sous la forme d&rsquo;une galerie de belles dimensions (4 \u00e0 6 m\u00e8tres de large) avec des massifs stalagmitiques totalement d\u00e9molis. Cela donne \u00e0 la zone la dr\u00f4le d&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre en pr\u00e9sence d&rsquo;un monument grec en ruines.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les Aiguilles en quelques chiffres<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Profondeurs<\/strong><br>&#8211; chourum de la Rama &#8211; fond &#8211; 958 m<br>&#8211; chourum des Aiguilles &#8211; fond &#8211; 682 m<br>&#8211; point haut du r\u00e9seau de Savoie + 22 m<br>&#8211; d\u00e9nivel\u00e9 maximum &#8211; 980 m<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9veloppements<\/strong><br>&#8211; d\u00e9veloppement total 5500 m<br>&#8211; chourum des Aiguilles &#8211; fond 1430 m<br>&#8211; chourum du Rama &#8211; jonction 1030 m<br>&#8211; r\u00e9seau de Savoie &#8211; salle II 1020 m<br>&#8211; galeries sup\u00e9rieures 1220 m<br>&#8211; divers d\u00e9parts et shunts 800 m<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">FICHE D&rsquo;\u00c9QUIPEMENT DU R\u00c9SEAU<\/h2>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/pdf_2005_fiche_quip.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">2005_fiche_quip.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s approximative, pr\u00e9voir une pochette \u00e0 spit bien garnie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avertissement :<\/strong><br>&#8211; l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9quipement est pr\u00e9vu hors crues et pour des \u00e9quipiers lourdement charg\u00e9s. Les ressauts peuvent toujours \u00eatre pass\u00e9s en escalade mais aux risques et p\u00e9rils de chacun. Attention, le rocher du D\u00e9voluy est pourri. Il faut toujours bien s\u2019assurer de la solidit\u00e9 de chaque prise, m\u00eame si, et surtout si elle p\u00e8se une tonne.<br>&#8211; la tr\u00e9mie de la salle \u00e0 manger qui permet la jonction avec la Rama est tr\u00e8s instable. D\u00e9j\u00e0 deux incidents et un accident, alors ne pas y mettre m\u00eame un bout de botte. Une main courante a \u00e9t\u00e9 mise en place pour shunter la tr\u00e9mie.<br>&#8211; l\u2019\u00e9quipement pour le fond est pr\u00e9vu par le m\u00e9andre Serrano car la voie Express n\u2019offre pas beaucoup de garanties de s\u00e9curit\u00e9. Certaines cordes fixes dans les escalades datent de 1972 et sont tr\u00e8s ab\u00eem\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image aligncenter size-full wp-image-720\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"600\" src=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_6m.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8718\" srcset=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_6m.jpg 750w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/jpg_6m-300x240.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption>Le col des Aiguilles<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le D\u00e9voluy<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Situation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le massif du D\u00e9voluy est une cuvette calcaire de 300 km\u00b2 des pr\u00e9-Alpes du sud. Limit\u00e9 par les trois vall\u00e9es du grand et petit Bu\u00ebch et du Drac, le massif appara\u00eet comme une citadelle. En effet, le D\u00e9voluy est ceintur\u00e9 de falaises pouvant atteindre 500 m\u00e8tres de haut. Seuls, deux acc\u00e8s routiers, un au sud par le col du Festre et un au nord par Corps, permettent de s\u2019y rendre. Un troisi\u00e8me acc\u00e8s par le col du Noyer est possible deux \u00e0 trois mois par an seulement. Principalement dans les Hautes-Alpes, le D\u00e9voluy chevauche aussi un peu l\u2019Is\u00e8re et la Dr\u00f4me. A 200 km de Marseille, 60 km de Grenoble, 80 km de Valence et 40 km de Gap, les distances sont courtes mais le voyage pas toujours. Si, \u00e0 la belle saison, les petites routes sont agr\u00e9ables, monter sur le D\u00e9voluy l\u2019hiver est une gageure. De toutes fa\u00e7ons, venez y faire du ski plut\u00f4t que de la sp\u00e9l\u00e9o car rares sont les cavit\u00e9s ouvertes en saison froide. Les explorations, suivant les niveaux d\u2019enneigement, peuvent d\u00e9marrer au mois de mai. Cependant, cette ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 exceptionnelle. Avec quatre m\u00e8tres de chute de neige cumul\u00e9e, il a fallu attendre le 15 ao\u00fbt pour pouvoir faire le chourum Clos. Les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, il restait accessible m\u00eame en plein hiver. Les saisons les plus favorables sont donc l\u2019\u00e9t\u00e9 et l\u2019automne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>G\u00e9ologie et Hydrologie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le D\u00e9voluy est un \u00e9norme synclinal orient\u00e9 nord\/sud et de pendage nord. Les bords est et ouest forment les barri\u00e8res de falaises o\u00f9 se dessinent quelques sommets caract\u00e9ristiques : le Grand Ferrand, le Rocher Rond, l\u2019Aupet et l\u2019Obiou pour l\u2019ouest et pour l\u2019est la montagne de F\u00e9raud. Le constituant principal, zone o\u00f9 se d\u00e9veloppent les cavit\u00e9s, est un calcaire S\u00e9nonien \u00e0 silex. Celui-ci est pos\u00e9 en discordance sur le Cr\u00e9tac\u00e9 inf\u00e9rieur dont l\u2019Aptien imperm\u00e9able. Dans le fond du synclinal, on trouve des roches plus r\u00e9centes : nummulitique, flysch, gr\u00e8s, molasses et moraines. Mais, sp\u00e9l\u00e9ologiquement, tout se passe dans le S\u00e9nonien, aquif\u00e8re principal. La forme du massif, en cuvette ouverte au nord, impose une circulation des eaux en son centre et vers le nord. Ce drainage est encore renforc\u00e9 par une orientation nord\/sud des axes tectoniques. Sur le terrain, cela se traduit par une \u00e9mergence unique : les sources des Gillardes. Imp\u00e9n\u00e9trables, les sources sortent de d\u00e9p\u00f4ts fluvio-glaciaires. Le d\u00e9bit varie de 0,5 m\u00b3 \u00e0 l\u2019\u00e9tiage et \u00e0 50 m\u00b3 en crue. Il existe, dans le r\u00e9seau, des pertes de charge qui imposent, en crue, une remont\u00e9e du niveau de base. Dans les cas de tr\u00e8s grosses pr\u00e9cipitations, le niveau peut remonter de 225 m\u00e8tres et transformer le puits des Bans en exutoire temporaire. Les 2\/3 de la surface du D\u00e9voluy \u00e9tant calcaire, les gillardes sont le cours d\u2019eau principal. Pourtant, il existe aussi en surface et dans le fond du synclinal deux petits torrents : la Souloise et Ribi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Au sud, seul le plateau de Bure, connu pour son observatoire astronomique, \u00e9chappe \u00e0 la logique de la source unique. P. Duluc en 1973 et R. Maire en 1980 ont montr\u00e9 par coloration que les chourums du plateau \u00e9taient en communication avec la petite source de la Sigouste, \u00e0 l\u2019extr\u00eame sud du D\u00e9voluy.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La sp\u00e9l\u00e9o<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si le D\u00e9voluy a une surface occup\u00e9e au 2\/3 par un calcaire, malheureusement, son silex micro-fissur\u00e9 et ses strates d\u2019\u00e9paisseur modeste rendent ce calcaire tr\u00e8s fragile. Sous terre, les cavit\u00e9s sont trop souvent obstru\u00e9es par des tr\u00e9mies qui repr\u00e9sentent un danger r\u00e9el. Pour les m\u00eames raisons, il est fortement d\u00e9conseill\u00e9 de franchir les ressauts sans corde car les prises vous restent dans les mains. Pourtant, si vous aimez la marche en montagne (1 \u00e0 2 heures d\u2019acc\u00e8s en moyenne), vous n\u2019aurez que l\u2019embarras du choix pour les cavit\u00e9s puisque plus de quatre cents sont actuellement r\u00e9pertori\u00e9es. Vous ne d\u00e9rangerez pas grand monde pour acc\u00e9der aux entr\u00e9es car elles se trouvent essentiellement dans les p\u00e2turages. Mais pensez \u00e0 laisser le chien en bas et \u00e0 bien fermer les portes des parcs si vous ne voulez pas passer la suite de votre journ\u00e9e \u00e0 courir apr\u00e8s les moutons. Enfin, l\u2019h\u00e9bergement est facile \u00e0 trouver en \u00e9t\u00e9 avec les capacit\u00e9s d\u2019accueil de la station de ski.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie partielle<\/h2>\n\n\n\n<p>Sp\u00e9lunca &#8211; 1966 &#8211; page 233<\/p>\n\n\n\n<p>Cavernes (bulletin suisse) 4\/1966<\/p>\n\n\n\n<p>Sp\u00e9lunca &#8211; 1967 &#8211; page 269<\/p>\n\n\n\n<p>PLEIN AIR ET CULTURE 95 et 100<\/p>\n\n\n\n<p>Tauping (groupe Catamaran) 1967 n\u00b0 35<\/p>\n\n\n\n<p>Tauping (groupe Catamaran) 1968 n\u00b0 39<\/p>\n\n\n\n<p>Sp\u00e9lunca &#8211; 1969 &#8211; page 60<\/p>\n\n\n\n<p>Sp\u00e9lunca &#8211; 1970 &#8211; page 211<\/p>\n\n\n\n<p>Tauping (groupe Catamaran) 1972 n\u00b0 5<\/p>\n\n\n\n<p>P. COURBON &#8211; 1972 &#8211; Atlas des grands gouffres du monde<\/p>\n\n\n\n<p>Sp\u00e9lunca &#8211; 1973 &#8211; page 56, 116<\/p>\n\n\n\n<p>P. PARIS &#8211; Sp\u00e9lunca &#8211; 1974 &#8211; page 18-19, 27<\/p>\n\n\n\n<p>Voconcie &#8211; 1974 &#8211; Bulletin n\u00b0 4<\/p>\n\n\n\n<p>SC Savoie 1974 &#8211; bulletin n\u00b0 74 6 Sp\u00e9l\u00e9os P 45<\/p>\n\n\n\n<p>SC Savoie 1974 &#8211; Actes du XI\u00e8 congr\u00e8s Rhone Alpes<\/p>\n\n\n\n<p>V. LUPARINI &#8211; 1974 &#8211; Th\u00e8se d&rsquo;hydrologie &#8211; Fac des Sciences &#8211; MARSEILLE<\/p>\n\n\n\n<p>P. COURBON &#8211; 1975 &#8211; Atlas de Provence<\/p>\n\n\n\n<p>P. COURBON &amp; R. PAREIN &#8211; 1991 &#8211; Atlas souterrain de la Provence et des Alpes de Lumi\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p>Voconcie &#8211; 1999 &#8211; bulletin n\u00b020<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 dans la revue \u00ab\u00a0Sp\u00e9l\u00e9o\u00a0\u00bb num\u00e9ro 33 de d\u00e9cembre 1999<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":8718,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-721","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-publications"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/721","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=721"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/721\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9559,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/721\/revisions\/9559"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8718"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=721"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=721"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=721"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}