{"id":694,"date":"2012-11-26T22:59:46","date_gmt":"2012-11-26T21:59:46","guid":{"rendered":"http:\/\/wordpress.localhost\/2012\/11\/26\/2002-du-nouveau-dans-le-puits-des-bans\/"},"modified":"2021-12-27T20:44:59","modified_gmt":"2021-12-27T19:44:59","slug":"2002-du-nouveau-dans-le-puits-des-bans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/?p=694","title":{"rendered":"2002, du nouveau dans le puits des Bans"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"post_excerpt\">Cet article est paru sur le site : http:\/\/www.plongeesout.com \u00e0 la rubrique \u00ab\u00a0Explorations\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un peu d&rsquo;Histoire<\/h2>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re plong\u00e9e dans le puits des Bans date de 1946. Jean Marty r\u00e9alise un exploit pour l&rsquo;\u00e9poque, au sortir de la guerre, trouver un scaphandre \u00ab\u00a0Georges Comheines\u00a0\u00bb modifi\u00e9 et le monter sur le D\u00e9voluy. Il parcourra une centaine de m\u00e8tres dans la suite exond\u00e9e. Mais il s&rsquo;agissait alors du siphon \u00e0 20 m de l&rsquo;entr\u00e9e. Apr\u00e8s un difficile pompage et quelques travaux pour faire descendre le seuil aval, r\u00e9alis\u00e9s par J. Marty et A. Bourgin en 1948, le siphon Marty laissera d\u00e9finitivement place \u00e0 une vo\u00fbte mouillante. Ils atteindront alors la cote -155 m, arr\u00eat\u00e9s par un niveau d&rsquo;eau relativement haut.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1960, le GSPSIF, en collaboration avec le SCA de Gap, reprend les explorations mais se confronte \u00e0 un siphon \u00e0 la cote -207 m. Souhaitant la participation de toute l&rsquo;\u00e9quipe \u00e0 l&rsquo;exploration, le groupe choisira de pomper le siphon plut\u00f4t que de le plonger. Le franchissement du siphon 1 sera r\u00e9alis\u00e9 en 1964, apr\u00e8s trois jours de pompage continu. La suite, une galerie chaotique et exond\u00e9e sur 311 m, permet l&rsquo;acc\u00e8s au siphon 2 \u00e0 la cote d&rsquo;\u00e9tiage de \u2013 217 m.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1966, la m\u00eame \u00e9quipe tente, en vain, de pomper le siphon 2 qui ne montrera aucune modification de niveau.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1970, avec la m\u00eame \u00e9quipe, deux plongeurs varois : M. Lopez et A. Mat\u00e9oli, sont invit\u00e9s \u00e0 reconna\u00eetre le siphon 2. Ils atteindront la profondeur de 30 m avec visibilit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 40 m. Le siphon se poursuit sans espoir d&rsquo;\u00e9viter ce verrou liquide.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudra attendre 1981 pour que le siphon 2 soit replong\u00e9. C&rsquo;est F. Poggia qui mouillera les palmes jusqu&rsquo;\u00e0 55 m (cote topo). L\u00e0 encore, le puits des Bans tombe dans l&rsquo;oubli pour les explorateurs. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 2000 que le S.C. Gap reprend l&rsquo;\u00e9tude et l&rsquo;exploration de la cavit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une nouvelle campagne d&rsquo;explorations pour le Sp\u00e9l\u00e9o-Club de Gap<\/h2>\n\n\n\n<p>Les projets sont nombreux : enregistrement des remont\u00e9es d&rsquo;eau sur une ann\u00e9e par la pose d&rsquo;un luirographe, tra\u00e7age chimique avec pr\u00e9l\u00e8vements sur plusieurs mois, plong\u00e9es du siphon 2. Nous ignorions alors que l&rsquo;aventure serait si longue.<\/p>\n\n\n\n<p>En juillet 2000, je pose, avec l&rsquo;aide de Christian Kupiec, un luirographe con\u00e7u par Laurent Morel au d\u00e9part du siphon 2. Pour la r\u00e9cup\u00e9ration du capteur nous sommes les m\u00eames plongeurs un an apr\u00e8s. En m\u00eame temps, je pr\u00e9pare une plong\u00e9e de reconnaissance dans le siphon 2 jusqu&rsquo;\u00e0 une profondeur de 40 m. Heureusement que nous avions pr\u00e9vu cette plong\u00e9e car en juillet 2001 le niveau d&rsquo;eau est un peu plus haut que d&rsquo;habitude. Je retrouve le luirographe sous sept m\u00e8tres d&rsquo;eau. La plong\u00e9e reste malgr\u00e9 tout concluante et nous autorise la pr\u00e9paration de plong\u00e9es plus profondes.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"405\" src=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/jpg_2002_depart_dans_le_S2_photo_C-_Kupiec_.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8756\" srcset=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/jpg_2002_depart_dans_le_S2_photo_C-_Kupiec_.jpg 600w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/jpg_2002_depart_dans_le_S2_photo_C-_Kupiec_-300x203.jpg 300w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/jpg_2002_depart_dans_le_S2_photo_C-_Kupiec_-150x100.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ao\u00fbt 2002, les premiers m\u00e8tres de premi\u00e8re.<\/h2>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me majeur se r\u00e9v\u00e8le rapidement \u00eatre l&rsquo;acheminement du mat\u00e9riel d&rsquo;abord \u00e0 \u2013 207 m avec une \u00e9quipe cons\u00e9quente, puis jusqu&rsquo;au siphon 2 seulement \u00e0 deux plongeurs. Le moment le plus critique est la partie post siphon, 300 m de galerie chaotique entre les deux siphons o\u00f9, nous devons porter tout le mat\u00e9riel \u00e0 deux. Et le mat\u00e9riel est important car nous avons voulu, d\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;aventure, ne pas transiger sur la s\u00e9curit\u00e9. La plong\u00e9e est pr\u00e9vue au trimix avec une d\u00e9compression au nitrox 50 et \u00e0 oxyg\u00e8ne. Mais cela repr\u00e9sente cinq bouteilles de plong\u00e9es \u00e0 descendre plus tout ce qui va autour.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour diminuer le temps post siphon, je suis parti avec un bi de 2 x 10 l sur le dos et quelques menus colis dans les mains. Mais enferm\u00e9 dans la combinaison \u00e9tanche, le plongeur que je suis prend vite une grosse su\u00e9e et un d\u00e9but d&rsquo;essoufflement qui me co\u00fbteront cher pour la plong\u00e9e suivante. Christian, le plongeur de soutien, se chargera du portage des bouteilles de d\u00e9compression, de l&rsquo;\u00e9quipement des ressauts glissants et de l&rsquo;assistance bien agr\u00e9able du plongeur \u00ab de pointe \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de m&rsquo;engager dans le siphon 2, je prends le temps de souffler et d&rsquo;attendre que mon rythme cardiaque revienne \u00e0 un niveau compatible avec la suite des \u00e9v\u00e9nements. Vingt minutes plus tard, je m&rsquo;immerge dans un siphon o\u00f9 le niveau d&rsquo;eau est au plus bas connu, celui de la topo. A neuf m\u00e8tres, je pose la bouteille d&rsquo;oxyg\u00e8ne. Elle ne servira qu&rsquo;\u00e0 partir de six m\u00e8tres mais la zone est verticale, rien ne permet de la fixer. Je suis le fil d&rsquo;Ariane pos\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Celui de Fredo Poggia est encore en place sur quelques tron\u00e7ons. Il a vingt ans !<\/p>\n\n\n\n<p>Je laisse les deux bouteilles nitrox 50 \u00e0 18 m sur une banquette de calcite. Tiens ! Des stalactites \u00e0 presque 20 m sous l&rsquo;eau&#8230; Il faudra que je m&rsquo;en souvienne. La suite se fait avec le trimix. Ce m\u00e9lange est tr\u00e8s confortable \u00e0 respirer dans un premier temps car il est plus l\u00e9ger que l&rsquo;air. Mais sournoisement, \u00e0 chaque inspiration, il m&rsquo;arrache des calories. Le froid s&rsquo;installe insidieusement et ne fera que s&rsquo;accentuer au fur et \u00e0 mesure de la plong\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>A 40 m, je raboute un nouveau fil sur mon terminus 2001. La galerie est tr\u00e8s pentue mais jamais verticale, une succession de grands escaliers inclin\u00e9s. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la galerie, je vois toujours le fil de Fredo. Rapidement, &#8211; 55 m : le terminus de Fredo, le fil ceinture plusieurs fois un gros rognon de silex. La suite est donc de la premi\u00e8re mais les efforts du portage m&rsquo;ont fait consommer beaucoup plus que d&rsquo;habitude. Il faut faire vite. Je d\u00e9roule toujours le fil et j&rsquo;aper\u00e7ois de loin un gros bloc sur une marmite de gravier qui semble barrer la galerie. A son niveau, l&rsquo;ordinateur affiche 62 m de profondeur. Je m&rsquo;\u00e9tais donn\u00e9 70 m maximum, j&rsquo;ai de la marge. Mais j&rsquo;arrive maintenant sur mes limites en autonomie de gaz. Le temps de faire le tour du bloc et d&rsquo;amarrer mon fil, je constate que la suite n&rsquo;est pas barr\u00e9e mais se poursuit en laminoir inclin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je tente un passage pour v\u00e9rifier la hauteur mais les blocs percutent le plafond. C&rsquo;est trop \u00e9troit. Je fais demi tour et remonte le nez sur mes instruments pour contr\u00f4ler ma d\u00e9compression. Les premiers paliers sont tout de suite l\u00e0 et tr\u00e8s courts au d\u00e9but. 45 minutes pour revoir la surface, ce n&rsquo;est pas une d\u00e9compression tr\u00e8s longue. Pourtant, avec l&rsquo;attente r\u00e9p\u00e9t\u00e9e tous les trois m\u00e8tres, le froid s&rsquo;est bel et bien install\u00e9. Mon corps lutte en tremblant de plus en plus fort pour d\u00e9gager quelques calories que le Trimix absorbe vite.<\/p>\n\n\n\n<p>A 18 m, je retrouve avec plaisir le nitrox, un m\u00e9lange bien moins froid. Mais les paliers sont de plus en plus longs. A 9 et 6 m, je cherche surtout \u00e0 ne pas regarder la montre pour esp\u00e9rer voir le temps passer plus vite. M\u00eame ma m\u00e2choire s&rsquo;est mise \u00e0 jouer des castagnettes. Je redoute celui de 3 m o\u00f9 je dois passer un quart d&rsquo;heure. Pourtant, celui-l\u00e0 m&rsquo;appara\u00eetra presque court. Au bout de deux minutes de tremblements incontr\u00f4lables, je vois un petit objet blanc s&rsquo;agiter devant mon masque. Il semble s&rsquo;approcher. J&rsquo;ai d&rsquo;abord du mal \u00e0 discerner, puis un peu septique je crois reconna\u00eetre un tr\u00e8s petit niphargus. Dans le Lot, j&rsquo;ai souvent eu l&rsquo;occasion de plonger en compagnie d&rsquo;une faune tr\u00e8s riche. Mais dans le D\u00e9voluy, c&rsquo;est la premi\u00e8re fois que je peux observer, dans son milieu, un troglobie. En plus il para\u00eet tr\u00e8s curieux pour ne pas dire familier.<br>Je peine \u00e0 le garder un peu loin pour ne pas risquer de l&rsquo;\u00e9craser lors d&rsquo;une manipulation de mat\u00e9riel. Ni les bulles ni les lampes l&rsquo;effrayent, et il se rapproche toujours de mon masque. Avec la main, je le repousse dans un remous d&rsquo;eau. C&rsquo;est enfin l&rsquo;heure. Je prends cong\u00e9 de mon minuscule camarade de jeu et je fais surface.<\/p>\n\n\n\n<p>Christian m&rsquo;attend avec un bon caf\u00e9 bien chaud. \u00c7a c&rsquo;est du soutien pour un plongeur \u00ab d\u00e9sappoint\u00e9 \u00bb et frigorifi\u00e9. Je mets plus de caf\u00e9 par terre que dans le gosier tant je tremble encore de froid. Le coeur est r\u00e9chauff\u00e9, c&rsquo;est l&rsquo;essentiel. Le reste se r\u00e9chauffera vite avec le retour. La suite ressemble fort \u00e0 l&rsquo;aller : le d\u00e9montage, l&#8217;emballage du mat\u00e9riel et le portage des charges jusqu&rsquo;\u00e0 la sortie du siphon 1.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute l&rsquo;\u00e9quipe nous attend avec impatience pour savoir si \u2013 \u00e7a continue ? Je raconte avec plaisir une seconde fois mes sensations lors de la plong\u00e9e ainsi que ma rencontre du troisi\u00e8me type. La plong\u00e9e est une r\u00e9ussite puisqu&rsquo;il y a du nouveau.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous ces efforts n&rsquo;auront pas \u00e9t\u00e9 vain. Et c&rsquo;est avec le sourire que les \u00ab sherpas \u00bb reprennent leur lourd kit sur le dos pour remonter. Il faudra un jour \u00e9riger une statue \u00e0 tous ces sp\u00e9l\u00e9o-sherpas qui ont tant tra\u00een\u00e9 de bouteilles&#8230;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image aligncenter size-full wp-image-692\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"595\" height=\"446\" src=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/jpg_bans_recit_2002_-_2004_photo04_grand.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8774\" srcset=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/jpg_bans_recit_2002_-_2004_photo04_grand.jpg 595w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/jpg_bans_recit_2002_-_2004_photo04_grand-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" \/><figcaption>2004 pr\u00e9paration au S1 (photo : J.Y. Bigot avec Serge, Christophe et Philippe)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ao\u00fbt 2004, le retour<\/h2>\n\n\n\n<p>Deux ans, c&rsquo;est le temps n\u00e9cessaire pour pr\u00e9parer une nouvelle pointe et tenter de franchir le laminoir \u00e0 -62 m. Pourquoi deux ans ? D&rsquo;abord pour des raisons m\u00e9t\u00e9os, la p\u00e9riode de basse eau dans le puits des Bans ne dure pas tr\u00e8s longtemps. Ensuite et surtout parce qu&rsquo;une plong\u00e9e profonde r\u00e9clame beaucoup de temps et d&rsquo;argent pour son organisation. Il a fallu trouver des bouteilles de grosse capacit\u00e9 (20l) pour assurer l&rsquo;autonomie, une bou\u00e9e cons\u00e9quente pour faire flotter le porte container (c&rsquo;est moi !) et une combinaison neuve plus confortable que la pr\u00e9c\u00e9dente qui ne me laissait plus respirer.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;achat des gaz n&rsquo;est pas une petite affaire et l\u00e0 un grand merci \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Hydrokarst qui m&rsquo;a fourni un H\u00e9liox (H\u00e9lium + Oxyg\u00e8ne) pour r\u00e9aliser le Trimix n\u00e9cessaire. Apr\u00e8s, pas mal de bricolage et d&rsquo;essais pour faire tenir deux bouteilles de 20 litres sur les c\u00f4t\u00e9s pour diminuer l&rsquo;\u00e9paisseur de mon \u00e9quipement et esp\u00e9rer passer le laminoir. Encore quelques plong\u00e9es profondes en lac pour fignoler les proc\u00e9dures de d\u00e9compression et je suis pr\u00eat.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il faut encore une \u00e9quipe motiv\u00e9e pour une grosse journ\u00e9e de portage. Pour \u00e9conomiser tout le monde, \u00e0 trois nous descendrons trois bouteilles \u00e0 -207 m quelques jours avant. La m\u00e9t\u00e9o est h\u00e9sitante, moi aussi et c&rsquo;est seulement deux jours avant que la d\u00e9cision est prise pour la pointe.<\/p>\n\n\n\n<p>A quatre, nous descendons le reste du mat\u00e9riel. Les deux plongeurs passent le siphon 1 charg\u00e9s comme des mulets. Les deux sherpas, Jean-Yves et Serge, remontent en attendant le reste de l&rsquo;\u00e9quipe qui descendra pour le retour en fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi. Avec Christophe, le plongeur de soutien, nous nous sommes donn\u00e9s quatre heures post siphon. Il n&rsquo;y a pas de temps \u00e0 perdre : les aller-retour pour acheminer les bouteilles, l&rsquo;\u00e9quipement et je me retrouve dans l&rsquo;eau du siphon 2. L\u00e0, deux mauvaises nouvelles : la turbidit\u00e9 est importante et limite la visibilit\u00e9 \u00e0 un m\u00e8tre ; le fil d&rsquo;Ariane tra\u00eene part petits bouts un peu partout dans la galerie. Je repose donc d&rsquo;entr\u00e9e un fil nouveau jusqu&rsquo;\u00e0 \u2013 20 m o\u00f9 je peux rabouter sur un fil en place.<\/p>\n\n\n\n<p>A \u2013 30 m, je pose les deux bouteilles de Nitrox 40. A \u2013 55 m, le fil est \u00e0 nouveau cass\u00e9. Les crues ont d\u00fb \u00eatre plus violentes que d&rsquo;habitude. Je retrouve mon terminus de 2002.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rocher est l\u00e0, le laminoir aussi. Je m&rsquo;engage. \u00c7a cogne de tous les c\u00f4t\u00e9s mais j&rsquo;avance de deux m\u00e8tres. Mais l\u00e0, je suis coinc\u00e9. Je me laisse glisser sur la droite puisque cela descend. C&rsquo;est un peu plus large. Le fond est encombr\u00e9 de gros galets plus ou moins arrondis et la pente reste forte. Les dimensions r\u00e9duites de la zone m&rsquo;obligent \u00e0 avancer lentement pour faire passer mes bouteilles en hauteur et en largeur. Le temps passe vite, les gaz s&rsquo;\u00e9chappent encore plus vite. Il est temps de faire demi-tour. L&rsquo;ordinateur affiche &#8211; 78 m.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;esp\u00e9rais mieux mais dans ces conditions c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 16 m de mieux qu&rsquo;en 2002. Le retour se fait au rythme des paliers et des claquements de dents. Je me dis qu&rsquo;on ne m&rsquo;y reprendra plus&#8230; jusqu&rsquo;\u00e0 la prochaine fois ! Le retour est lent. Ressortir les bouteilles de 20 litres (25 kg) de \u2013 217 m calme les plus nerveux avec en prime une s\u00e9ance chez l&rsquo;ost\u00e9opathe.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La suite<\/h2>\n\n\n\n<p>Pass\u00e9 le temps du \u00ab plus jamais \u00bb, on se dit qu&rsquo;il y a encore pas mal de chose \u00e0 faire. Nous devrons reprendre compl\u00e8tement l&rsquo;\u00e9quipement du fil d&rsquo;Ariane dans les deux siphons et retirer les vieux fils qui flottent un peu partout.<\/p>\n\n\n\n<p>Le siphon 2 n&rsquo;est pas de direction r\u00e9guli\u00e8re de 0 \u00e0 \u2013 30 m et une topo serait la bienvenue. Pas grand chose si on fait \u00e7a en terrestre mais sous l&rsquo;eau c&rsquo;est au moins quatre plong\u00e9es et autant de portages \u00e0 organiser. De toutes fa\u00e7ons, dans deux jours je reprends le boulot. Ce sera donc pour l&rsquo;ann\u00e9e prochaine&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Ils ont particip\u00e9 \u00e0 ces travaux et je tiens \u00e0 les en remercier encore :<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9line BROGGI (Darboun 84) sherpani<br>Christophe PASCAL plongeur de soutien et sherpa<br>Christian KUPIEC plongeur de soutien, photographe et sherpa<br>Jean-Yves BIGOT sherpa et photographe<br>Serge GAILLARD sherpa<br>Fran\u00e7ois PARRINI sherpa<br>Georges ARCHER sherpa<br>Didier GARREAU sherpa<br>Gilles CLAUSIER sherpa<br>Yves TERRENEUVE sherpa<\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 HYDROKARST pour la fourniture de gaz<br>La communaut\u00e9 des Communes du D\u00e9voluy pour son aide financi\u00e8re<br>Marc CASALI pour l&rsquo;\u00e9quipement de la cavit\u00e9<br>Laurent MAUREL pour son Luirographe et l&rsquo;extraction des donn\u00e9es<br>Daniel GETTO et le CEA de Grenoble pour l&rsquo;aide technique et le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire aux tra\u00e7ages.<br>Le club de plong\u00e9e de Gap pour le pr\u00eat de mat\u00e9riel et la fourniture d&rsquo;Oxyg\u00e8ne<br>Le Sp\u00e9l\u00e9o-Club de Gap pour l&rsquo;aide mat\u00e9rielle et financi\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"451\" src=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/jpg_2004_l_equipe_de_choc.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-8759\" srcset=\"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/jpg_2004_l_equipe_de_choc.jpg 600w, https:\/\/speleoclub-gap.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/jpg_2004_l_equipe_de_choc-300x226.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption>La fine \u00e9quipe<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article est paru sur le site : http:\/\/www.plongeesout.com \u00e0 la rubrique \u00ab\u00a0Explorations\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":8756,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-694","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-publications"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/694","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=694"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/694\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9551,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/694\/revisions\/9551"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/8756"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=694"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=694"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/speleoclub-gap.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=694"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}